Magnifique exemplaire d'une des pièces de l'art africain : la statuaire Tellem (proto-Dogon).
Les statues traditionnelles Tellem, produites par les premiers occupants de la falaise de Bandiagara au Mali, constituent l’un des plus anciens témoignages d’art tribal africain en bois conservé, datant principalement entre le XIe et le XVe siècle.
Le terme « Tellem », qui signifie « ceux qui étaient là avant nous » en langue dogon, désigne ce peuple mystérieux qui a précédé l’installation des Dogon dans cette région escarpée.
Leur art, découvert dans des grottes et des abris sous roche, se caractérise par des formes stylisées, des volumes étirés et une patine épaisse, sombre et croûteuse, fruit des siècles passés dans des conditions climatiques extrêmes et des rituels répétés.
L’un des traits les plus marquants de la statuaire Tellem est la posture des bras tendus vers le ciel comme on le voit sur cet exemplaire.
Ce geste, repris plus tard par les Dogon, est interprété comme une imploration : il peut symboliser l’appel à la pluie, essentielle pour l’agriculture dans cette région semi-aride, ou une prière adressée aux ancêtres et aux divinités pour obtenir protection et fertilité. Selon certaines sources, cette posture évoque aussi la communication avec le monde des esprits et des défunts, les bras levés formant une sorte de pont entre la terre et le ciel, entre les vivants et les forces invisibles. Elle rappelle également le mythe dogon des Nommo, ces génies ancestraux liés à la création du monde et à l’ordre cosmique.
La patine épaisse et croûteuse qui recouvre ces statues est le résultat de plusieurs phénomènes : l’exposition prolongée à la fumée des feux rituels, les libations (offrandes liquides), les onctions d’huiles et de sang sacrificiel, ainsi que l’érosion naturelle due à l’humidité des grottes.
Cette patine n’est pas seulement un signe d’ancienneté, mais aussi la trace tangible des pratiques religieuses et des sacrifices qui ont activé la puissance spirituelle de l’objet.
Les analyses scientifiques menées sur ces patines ont révélé la présence de résidus organiques et minéraux, confirmant leur usage rituel intensif et leur rôle central dans la vie sociale et religieuse des Tellem.
L’héritage artistique des Tellem a profondément influencé la statuaire dogon, notamment par la reprise de motifs et de postures, mais aussi par la dimension sacrée et initiatique associée à ces objets. Aujourd’hui, les statues Tellem sont considérées comme des trésors de l’art africain ancien, recherchées pour leur rareté, leur beauté sobre et leur charge historique.
Remarquable statue issue de la collection B. Berete, marchand et collectionneur très expérimenté ayant travaillé en Suisse, Belgique et États-Unis en particulier auprès de Pierre Dartevelle.
Fiche technique
Magnifique exemplaire d'une des pièces de l'art africain : la statuaire Tellem (proto-Dogon).
Les statues traditionnelles Tellem, produites par les premiers occupants de la falaise de Bandiagara au Mali, constituent l’un des plus anciens témoignages d’art tribal africain en bois conservé, datant principalement entre le XIe et le XVe siècle.
Le terme « Tellem », qui signifie « ceux qui étaient là avant nous » en langue dogon, désigne ce peuple mystérieux qui a précédé l’installation des Dogon dans cette région escarpée.
Leur art, découvert dans des grottes et des abris sous roche, se caractérise par des formes stylisées, des volumes étirés et une patine épaisse, sombre et croûteuse, fruit des siècles passés dans des conditions climatiques extrêmes et des rituels répétés.
L’un des traits les plus marquants de la statuaire Tellem est la posture des bras tendus vers le ciel comme on le voit sur cet exemplaire.
Ce geste, repris plus tard par les Dogon, est interprété comme une imploration : il peut symboliser l’appel à la pluie, essentielle pour l’agriculture dans cette région semi-aride, ou une prière adressée aux ancêtres et aux divinités pour obtenir protection et fertilité. Selon certaines sources, cette posture évoque aussi la communication avec le monde des esprits et des défunts, les bras levés formant une sorte de pont entre la terre et le ciel, entre les vivants et les forces invisibles. Elle rappelle également le mythe dogon des Nommo, ces génies ancestraux liés à la création du monde et à l’ordre cosmique.
La patine épaisse et croûteuse qui recouvre ces statues est le résultat de plusieurs phénomènes : l’exposition prolongée à la fumée des feux rituels, les libations (offrandes liquides), les onctions d’huiles et de sang sacrificiel, ainsi que l’érosion naturelle due à l’humidité des grottes.
Cette patine n’est pas seulement un signe d’ancienneté, mais aussi la trace tangible des pratiques religieuses et des sacrifices qui ont activé la puissance spirituelle de l’objet.
Les analyses scientifiques menées sur ces patines ont révélé la présence de résidus organiques et minéraux, confirmant leur usage rituel intensif et leur rôle central dans la vie sociale et religieuse des Tellem.
L’héritage artistique des Tellem a profondément influencé la statuaire dogon, notamment par la reprise de motifs et de postures, mais aussi par la dimension sacrée et initiatique associée à ces objets. Aujourd’hui, les statues Tellem sont considérées comme des trésors de l’art africain ancien, recherchées pour leur rareté, leur beauté sobre et leur charge historique.
Remarquable statue issue de la collection B. Berete, marchand et collectionneur très expérimenté ayant travaillé en Suisse, Belgique et États-Unis en particulier auprès de Pierre Dartevelle.