Ce remarquable masque-lune Baoulé développe une composition d’une grande cohérence graphique, dominée par la parfaite circularité du visage. Sculpté dans le bois et animé d’une patine sombre, il associe volumes doux et décor géométrique dans un équilibre caractéristique de certaines créations particulièrement raffinées de la sculpture baoulé de Côte d’Ivoire.
Le visage, presque parfaitement rond, est ceint d’une bordure dentelée qui accentue son caractère solaire ou lunaire. Les yeux étirés et presque clos s’inscrivent sous de larges arcades courbes, tandis qu’un nez long et étroit organise verticalement la composition. Sur les joues, des ensembles de lignes triangulaires gravées introduisent un contrepoint géométrique à la douceur des volumes. La petite bouche projetée demeure volontairement discrète. Enfin, une coupe sculptée au sommet du masque prolonge la construction dans l’espace et lui confère une silhouette immédiatement reconnaissable.
Plusieurs de ces caractéristiques trouvent un parallèle particulièrement intéressant dans un masque représentant la lune conservé au Metropolitan Museum of Art : visage rond et bombé, pourtour dentelé, yeux en croissant, nez effilé, motifs triangulaires sur les joues et récipient sculpté au sommet. Le Met rattache ce type de masque aux performances mblo, dans lesquelles des personnifications de phénomènes naturels, notamment la lune, pouvaient intervenir au début de la séquence dansée.
Sur le plan stylistique, cette pièce peut également être rapprochée du corpus associé au « Maître de Kamer ». Ce nom de convention a été employé par l’historien de l’art Bernard de Grunne pour distinguer la main d’un sculpteur baoulé à partir de plusieurs œuvres présentant des affinités dans le traitement du front bombé, des sourcils, du nez et de l’équilibre général du visage. Le corpus de référence comprend notamment un célèbre masque-lune autrefois dans la collection Henri Kamer puis Udo Horstmann.
Fiche technique
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Ce remarquable masque-lune Baoulé développe une composition d’une grande cohérence graphique, dominée par la parfaite circularité du visage. Sculpté dans le bois et animé d’une patine sombre, il associe volumes doux et décor géométrique dans un équilibre caractéristique de certaines créations particulièrement raffinées de la sculpture baoulé de Côte d’Ivoire.
Le visage, presque parfaitement rond, est ceint d’une bordure dentelée qui accentue son caractère solaire ou lunaire. Les yeux étirés et presque clos s’inscrivent sous de larges arcades courbes, tandis qu’un nez long et étroit organise verticalement la composition. Sur les joues, des ensembles de lignes triangulaires gravées introduisent un contrepoint géométrique à la douceur des volumes. La petite bouche projetée demeure volontairement discrète. Enfin, une coupe sculptée au sommet du masque prolonge la construction dans l’espace et lui confère une silhouette immédiatement reconnaissable.
Plusieurs de ces caractéristiques trouvent un parallèle particulièrement intéressant dans un masque représentant la lune conservé au Metropolitan Museum of Art : visage rond et bombé, pourtour dentelé, yeux en croissant, nez effilé, motifs triangulaires sur les joues et récipient sculpté au sommet. Le Met rattache ce type de masque aux performances mblo, dans lesquelles des personnifications de phénomènes naturels, notamment la lune, pouvaient intervenir au début de la séquence dansée.
Sur le plan stylistique, cette pièce peut également être rapprochée du corpus associé au « Maître de Kamer ». Ce nom de convention a été employé par l’historien de l’art Bernard de Grunne pour distinguer la main d’un sculpteur baoulé à partir de plusieurs œuvres présentant des affinités dans le traitement du front bombé, des sourcils, du nez et de l’équilibre général du visage. Le corpus de référence comprend notamment un célèbre masque-lune autrefois dans la collection Henri Kamer puis Udo Horstmann.