Cette singulière statue africaine Lega en bois développe une composition verticale particulièrement expressive : sur un corps réduit à un long volume cylindrique s’organisent deux têtes humaines superposées, traitées selon un même vocabulaire formel. Les visages présentent des paupières étirées, un nez long et rectiligne et une bouche discrète. Une matière claire, évoquant les préparations à base de kaolin fréquemment rencontrées dans l’art Lega, recouvre largement les parties figuratives et contraste avec le brun naturel du fût inférieur.
Par sa construction pluricéphale, l’œuvre se rattache à la famille des figures iginga employées dans le cadre du Bwami, association initiatique qui structurait une grande partie de la vie morale, sociale et politique des communautés Lega de l’est de la République démocratique du Congo. Les sculptures anthropomorphes, masques et autres objets du Bwami intervenaient comme supports d’enseignement : associés à des proverbes, des mises en scène et des commentaires, ils permettaient de transmettre des notions telles que la mesure, le discernement, le respect et la responsabilité.
La multiplication des visages rapproche plus précisément cette sculpture de la notion de Sakimatwemtwe, littéralement « nombreuses têtes ». Le Brooklyn Museum conserve une célèbre figure de cette catégorie et relie la pluralité des têtes à l’idée de considérer une situation depuis plusieurs points de vue. Le British Museum souligne de même que les figures iginga plurifrontales pouvaient évoquer la compréhension élargie acquise par l’initié ayant « vu beaucoup de choses ».
L’exemplaire présenté ici propose une interprétation particulièrement dépouillée de ce principe. Les deux têtes ne sont pas juxtaposées mais superposées le long d’un même axe, créant une silhouette presque architecturale. Le contraste entre les surfaces blanchies, les volumes anguleux des visages et le fût brun laissé largement nu donne à la sculpture une présence sobre et immédiatement reconnaissable.
Fiche technique
Cette singulière statue africaine Lega en bois développe une composition verticale particulièrement expressive : sur un corps réduit à un long volume cylindrique s’organisent deux têtes humaines superposées, traitées selon un même vocabulaire formel. Les visages présentent des paupières étirées, un nez long et rectiligne et une bouche discrète. Une matière claire, évoquant les préparations à base de kaolin fréquemment rencontrées dans l’art Lega, recouvre largement les parties figuratives et contraste avec le brun naturel du fût inférieur.
Par sa construction pluricéphale, l’œuvre se rattache à la famille des figures iginga employées dans le cadre du Bwami, association initiatique qui structurait une grande partie de la vie morale, sociale et politique des communautés Lega de l’est de la République démocratique du Congo. Les sculptures anthropomorphes, masques et autres objets du Bwami intervenaient comme supports d’enseignement : associés à des proverbes, des mises en scène et des commentaires, ils permettaient de transmettre des notions telles que la mesure, le discernement, le respect et la responsabilité.
La multiplication des visages rapproche plus précisément cette sculpture de la notion de Sakimatwemtwe, littéralement « nombreuses têtes ». Le Brooklyn Museum conserve une célèbre figure de cette catégorie et relie la pluralité des têtes à l’idée de considérer une situation depuis plusieurs points de vue. Le British Museum souligne de même que les figures iginga plurifrontales pouvaient évoquer la compréhension élargie acquise par l’initié ayant « vu beaucoup de choses ».
L’exemplaire présenté ici propose une interprétation particulièrement dépouillée de ce principe. Les deux têtes ne sont pas juxtaposées mais superposées le long d’un même axe, créant une silhouette presque architecturale. Le contraste entre les surfaces blanchies, les volumes anguleux des visages et le fût brun laissé largement nu donne à la sculpture une présence sobre et immédiatement reconnaissable.