Autant instrument de musique qu’œuvre sculptée, ce tambour Chokwe de type mukupela se distingue par l’extraordinaire richesse de son décor. Taillé dans le bois, son corps adopte une silhouette resserrée en son centre, encadrée par plusieurs anses sculptées qui créent de puissants jeux d’ombre et donnent à l’ensemble une architecture immédiatement reconnaissable.
Les deux volumes opposés sont entièrement travaillés de motifs géométriques profondément incisés : séries d’arcs concentriques, chevrons imbriqués, quadrillages, spirales et compositions rayonnantes se succèdent sans monotonie. Cette densité ornementale est caractéristique du soin accordé par les sculpteurs Chokwe aux objets de prestige et aux instruments de musique. Les membranes sont tendues aux extrémités et maintenues par un système de chevilles traversant une bande de peau périphérique, procédé documenté sur les tambours mukupela.
Un détail particulièrement intéressant apparaît au niveau de la partie centrale : l'ouverture circulaire pratiquée dans la caisse. Les descriptions ethnomusicologiques du mukupela mentionnent précisément un orifice aménagé dans le col du tambour et associé à un dispositif vibratoire destiné à enrichir sa sonorité.
Dans l'orchestre Chokwe, les mikupela étaient généralement employés par paire. Marie-Louise Bastin indique qu'ils furent autrefois associés aux grands chefs avant de devenir également des instruments de danse. Lors du jeu, les deux membranes produisent des registres distincts : une extrémité plus grave, shina, et une autre plus aiguë, songo. Ces tambours pouvaient notamment prendre place dans les ensembles accompagnant certaines cérémonies liées au mukanda, cycle initiatique majeur dans la société Chokwe.
La qualité graphique de cet exemplaire en fait toutefois bien davantage qu'un simple instrument : alternance des registres décoratifs, belle profondeur de sculpture et équilibre des volumes transforment toute la surface du tambour en véritable composition plastique.
Fiche technique
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Autant instrument de musique qu’œuvre sculptée, ce tambour Chokwe de type mukupela se distingue par l’extraordinaire richesse de son décor. Taillé dans le bois, son corps adopte une silhouette resserrée en son centre, encadrée par plusieurs anses sculptées qui créent de puissants jeux d’ombre et donnent à l’ensemble une architecture immédiatement reconnaissable.
Les deux volumes opposés sont entièrement travaillés de motifs géométriques profondément incisés : séries d’arcs concentriques, chevrons imbriqués, quadrillages, spirales et compositions rayonnantes se succèdent sans monotonie. Cette densité ornementale est caractéristique du soin accordé par les sculpteurs Chokwe aux objets de prestige et aux instruments de musique. Les membranes sont tendues aux extrémités et maintenues par un système de chevilles traversant une bande de peau périphérique, procédé documenté sur les tambours mukupela.
Un détail particulièrement intéressant apparaît au niveau de la partie centrale : l'ouverture circulaire pratiquée dans la caisse. Les descriptions ethnomusicologiques du mukupela mentionnent précisément un orifice aménagé dans le col du tambour et associé à un dispositif vibratoire destiné à enrichir sa sonorité.
Dans l'orchestre Chokwe, les mikupela étaient généralement employés par paire. Marie-Louise Bastin indique qu'ils furent autrefois associés aux grands chefs avant de devenir également des instruments de danse. Lors du jeu, les deux membranes produisent des registres distincts : une extrémité plus grave, shina, et une autre plus aiguë, songo. Ces tambours pouvaient notamment prendre place dans les ensembles accompagnant certaines cérémonies liées au mukanda, cycle initiatique majeur dans la société Chokwe.
La qualité graphique de cet exemplaire en fait toutefois bien davantage qu'un simple instrument : alternance des registres décoratifs, belle profondeur de sculpture et équilibre des volumes transforment toute la surface du tambour en véritable composition plastique.