Recouvert presque entièrement d’un textile rouge profondément patiné, ce masque Dan possède une présence saisissante. Sa construction associe un visage de bois à une enveloppe textile soigneusement ajustée, tandis que les larges ouvertures circulaires des yeux, cerclées d’une matière sombre, donnent au regard une intensité presque spectrale. Autour de la bouche subsistent plusieurs éléments rapportés qui accentuent encore son caractère expressif.
Ces particularités permettent de le rapprocher avec beaucoup de vraisemblance des zakpei ge, communément appelés « masques de feu ». Dans le nord du pays Dan, entre l’ouest de la Côte d’Ivoire et le Liberia, ces masques masculins intervenaient durant la saison sèche. Ils circulaient dans les villages afin de contrôler les foyers domestiques et de prévenir les incendies lorsque la chaleur rendait le feu particulièrement dangereux. Contrairement à d’autres manifestations masquées Dan, le zakpei ge ne dansait ni ne chantait pendant ces inspections ; il était accompagné d’un assistant portant un gong.
Le musée du quai Branly souligne justement plusieurs signes distinctifs de cette typologie : des yeux circulaires, un revêtement rouge et parfois une barbe ou une moustache. Sur cet exemplaire, la tension entre la surface rouge sourde du textile, les orbites noires et les éléments organiques disposés autour de la bouche produit une physionomie particulièrement forte.
Le revers révèle nettement la structure en bois sous le textile ainsi que les perforations fonctionnelles du visage. Cette combinaison de sculpture, textile et matières rapportées illustre aussi la richesse matérielle des masques Dan : des œuvres conservées au Metropolitan Museum associent notamment bois, tissu, fibres, éléments animaux, métal et pigments.
Fiche technique
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Recouvert presque entièrement d’un textile rouge profondément patiné, ce masque Dan possède une présence saisissante. Sa construction associe un visage de bois à une enveloppe textile soigneusement ajustée, tandis que les larges ouvertures circulaires des yeux, cerclées d’une matière sombre, donnent au regard une intensité presque spectrale. Autour de la bouche subsistent plusieurs éléments rapportés qui accentuent encore son caractère expressif.
Ces particularités permettent de le rapprocher avec beaucoup de vraisemblance des zakpei ge, communément appelés « masques de feu ». Dans le nord du pays Dan, entre l’ouest de la Côte d’Ivoire et le Liberia, ces masques masculins intervenaient durant la saison sèche. Ils circulaient dans les villages afin de contrôler les foyers domestiques et de prévenir les incendies lorsque la chaleur rendait le feu particulièrement dangereux. Contrairement à d’autres manifestations masquées Dan, le zakpei ge ne dansait ni ne chantait pendant ces inspections ; il était accompagné d’un assistant portant un gong.
Le musée du quai Branly souligne justement plusieurs signes distinctifs de cette typologie : des yeux circulaires, un revêtement rouge et parfois une barbe ou une moustache. Sur cet exemplaire, la tension entre la surface rouge sourde du textile, les orbites noires et les éléments organiques disposés autour de la bouche produit une physionomie particulièrement forte.
Le revers révèle nettement la structure en bois sous le textile ainsi que les perforations fonctionnelles du visage. Cette combinaison de sculpture, textile et matières rapportées illustre aussi la richesse matérielle des masques Dan : des œuvres conservées au Metropolitan Museum associent notamment bois, tissu, fibres, éléments animaux, métal et pigments.